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Le Burn out en course à pied

Le Burn out en course à pied 

Le terme « burn out » est apparu dans le lexique médical aux alentours des années 1970. A cette époque, Freudenberger le définit comme « un état de fatigue ou de frustration lié à l’engagement pour une cause, un type de vie ou une relation qui n’a pas apporté la gratification attendue ». Mais si l’expression est souvent associée au milieu professionnel, le burn out touche aussi les sportifs, parmi lesquels on retrouve les adeptes de course à pied.          

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burn out

Qu’est-ce que le burn out en course à pied?   

Dès 1984, Smith utilise une expression très parlante : « athletic burn out ». Il le définit comme « une dépression sévère ayant un impact sur l’avenir du sportif et la vie même de l’athlète. Elle prend la forme d’un état dépressif majeur, associé à un rejet pour la pratique ». 

Il faut bien admettre que les coureurs évoluent en permanence sur le fil du rasoir. Toujours plus vite, toujours plus loin, toujours plus dur. « No pain no gain » comme dirait l’autre ! Mais cette quête sans fin peut vite tourner au cauchemar. 

Pression des réseaux sociaux, quête du « like », besoin de reconnaissance familiale, plaisir d’exister au sein d’une communauté, envie de se dépasser toujours plus, quête de performance… Les facteurs qui peuvent pousser les coureurs du côté obscur sont nombreux. En réalité, ce sont souvent au départ sensiblement les mêmes que ceux qui les a poussés à commencer la course à pied. 

A écouter >> Psychologie du coureur: faut-il aimer souffrir pour courir?

Mais ce qui peut sembler de prime abord vertueux peut se transformer sournoisement en cercle vicieux. C’est le cas quand le coureur s’enferme peu à peu dans la spirale du « toujours plus ». Survient alors un sentiment de dépendance, au sport en lui-même à travers les endorphines mais pas seulement. Parmi les coureurs victimes du burn out, certains étaient davantage « accros » à ce sentiment de surpuissance, à la reconnaissance d’une communauté ou encore à l’admiration suscitée par leurs performances. 

Et puisque l’être humain est ainsi fait, il faut encore et toujours augmenter le volume d’entrainement, obtenir de la reconnaissance, prouver sa légitimité… La raison s’efface peu à peu au profit d’une pratique de la course toujours plus intensive. On peut même se demander si le plaisir n’est pas doucement remplacé par une sorte d’obsession, comme c’est le cas pour bien d’autres addictions. 

Le risque ici, outre la blessure, est le fameux burn out. L’épuisement mental provoqué par cette pratique excessive ne reste pas sans conséquence. L’état physique et psychique du coureur se dégrade toujours plus jusqu’au point de non-retour. 

D’ailleurs, malgré une prise en charge psychologique, la plupart des coureurs victimes de burn out ne rechausseront jamais leurs baskets. 

épuisement course

Burn out ou surentrainement?   

Lorsqu’on s’intéresse à la définition du burn out en course à pied, on ne peut s’empêcher de penser à un autre mal bien connu des coureurs : le surentrainement. Cependant, les deux notions sont bel et bien distinctes et se différencient par plusieurs aspects. 

Tout d’abord, le surentrainement suppose une charge d’entrainement excessive par rapport à ce que le coureur est capable de supporter. Or, le burn out peut apparaitre indépendamment de toute idée de surcharge sportive. Comme expliqué précédemment, la surcharge qui pousse au burn out peut s’avérer beaucoup plus complexe et toucher le mental tout autant voire davantage que le physique. 

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Les conséquences ne seront d’ailleurs pas les mêmes, de même que la prise en charge. Dans le cas d’un burn out, le coureur est victime d’un état dépressif. Cet état peut d’ailleurs affecter tous les aspects de sa vie et pas uniquement sa vie sportive. Autant dire qu’il ne lui suffira pas de lever le pied pour retrouver la forme. 

Le surentrainement a une cause clairement identifiée : la surcharge d’entrainement. Supprimer la cause, c’est déjà aller mieux. Ainsi, le coureur aura plus de facilité à récupérer physiquement et mentalement lorsqu’il fera une pause dans son entrainement. Il s’agit d’ailleurs bien d’une pause, qui sous-entend une reprise de la course à pied. 

A contrario, l’idée-même d’une reprise peut paraître insupportable aux coureurs victimes de burn out. Une grande partie ne reprendra jamais le chemin de l’entrainement tant leur état psychique est abîmé. 

burn out

Burn out du coureur: comment éviter la surchauffe?  

Les causes qui peuvent expliquer le burn out en course à pied sont multiples et propres à chaque profil de coureurs. Du besoin de reconnaissance trop important aux objectifs démesurés en passant par une quête de perfection poussée à l’extrême… Chaque individu possède ses propres failles qui peuvent l’amener à l’excès, à l’épuisement mental et a fortiori au burn out. 

Il peut donc paraitre difficile de le prévenir efficacement. Pourtant, il est possible de suivre un certain nombre de conseils qui permettront de détecter suffisamment tôt les premiers symptômes pour favoriser la prise en charge. 

Pour commencer, restez ouverts à la discussion. Vos proches peuvent être de véritables alliés pour peu que l’on sache les écouter et leur parler. Parlez de vos entrainements, de vos objectifs et de vos ressentis. Laissez-les s’exprimer eux-aussi sur la façon dont ils perçoivent votre rapport à la course. 

Attention, il ne s’agit pas de tenir pour acquis tout ce que votre entourage peut vous dire voire vous reprocher. On ne sait que trop bien les réactions épidermiques que peuvent avoir certains amis lorsque l’on se découvre une passion pour le sport… Mais ne soyez pas pour autant hermétiques et prenez le temps de faire le tri entre les reproches sans fondement et les constats réels qui peuvent être alarmants. Personne ne vous connait mieux que vos proches. Ils peuvent vous aider à ouvrir les yeux quand vous gardez les paupières résolument closes. 

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Au-delà des proches de la sphère familiale et amicale, vous pouvez éventuellement évoquer ce sujet avec votre entraineur si vous en avez un. Parlez-lui de vos doutes, de vos angoisses et pourquoi pas des changements que la course provoque dans votre quotidien. Il est bien placé pour connaitre les problématiques que vous pouvez rencontrer et peut vous aiguiller ou adapter votre entrainement. 

Ensuite, si vous sentez que les choses vous échappent, ne craignez pas de solliciter l’aide d’un professionnel. Bien que le fait de consulter un psychologue se démocratise et devienne moins tabou, beaucoup sont encore réticents. Pourtant, ce dernier peut constituer une aide précieuse pour combattre la détresse psychologique dans laquelle le burn out peut vous plonger. 

Gardez en tête que vous avez plongé dans une spirale dont on ne se sort pas si facilement. Vous avez besoin d’aide. Un professionnel spécialisé dans les pathologies psychiatriques des sportifs sera l’idéal pour une prise en charge efficace et ciblée. Il vous aidera à vous recentrer sur les éléments extérieurs à la pratique de la course, qui constituent aussi votre vie. Rééquilibrer votre quotidien et vos aspirations personnelles est une étape importante de la reconstruction. Rien ne vous empêchera de reprendre le sport par la suite, que ce soit la course ou toute autre discipline !  

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