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#37 – Dopage, les coulisses d’un système

Dopage, les coulisses d’un système – Podcast

Le dopage est un sujet qui occupe une place de choix dans les discussions entre coureurs, et plus généralement entre sportifs. L’actualité nous offre régulièrement l’occasion de remettre le couvert. Mais, reconnaissons-le, souvent les discussions se limitent à la question de la suspension, à vie ou non, ou encore plus général : c’est bien c’est mal.

Dans cet épisode spécial dopage vous découvrirez:

  • Quelles sont les raisons qui incitent certains athlètes à se doper?
  • Quelles méthodes utilisent-ils?
  • Comment font-ils pour éviter les contrôles antidopage?
  • La lutte antidopage est-elle vraiment efficace?

Dopage, les coulisses d’un système – Podcast


Le dopage : une réponse à l’inégalité entre les Hommes ?

Le dopage c’est recourir à des substances, méthodes illégales pour améliorer ses capacités physiques, physiologiques.

L’idée semble simple: battre les autres. Mais si on creuse un peu on peut y voir pour certain-e-s le refus de leurs propres limites. Car il faut bien se l’avouer, même si la génétique ne fait pas tout, plus de 70 gènes ont été identifiés comme intervenant dans l’effort sportif. Et, clairement, nous ne sommes pas tous égaux face aux capacités dont la nature nous a doté. Des athlètes pourront tenter de s’entraîner comme Kipchoge et ne parviendront jamais à réaliser 2h15 sur marathon !

Mais ne nous y trompons pas, si cela peut expliquer le recours à la tricherie, il faut bien reconnaître que les moteurs de cette démarche sont multiples variés, et très personnels. Cependant, nous pouvons constater que lorsque l’on met en confrontation des êtres humains (ego) et/ou qu’il y a des enjeux financiers (avidité, survie) le dopage n’est jamais très loin.

Certains sports semblent plus touchés – les sports d’endurance, de force – et pourtant aucun n’y échappe, pour les raisons que nous venons d’évoquer. Par exemple, aux J.O de Pyeongchang, le médaillé de bronze au curling a été contrôlé positif au meldonium.

Les sports techniques se réfugient également derrière l’argument qu’ils sont justement « techniques » pour écarter toute présence de dopage dans leurs rangs. Et pourtant, on sait tous que la technique, la justesse d’un mouvement se dégrade avec la fatigue d’où l’intérêt pour eux d’avoir recours à des produits permettant de limiter cet état. Dans les sports de justesse, l’utilisation de beta bloquants est également très répandue, à l’instar de certains virtuoses.

Le dopage serait inefficace… ou de durée limitée, et ne remplacerait pas le « vrai » entraînement

Il arrive également d’entendre que le recours à des substances dopantes ne serait au final pas si efficace que cela. Là il faut être clair, un athlète qui se dope prend le risque de mettre fin à sa carrière, de voir tous ses sponsors l’abandonner, sans parler des conséquences sociales d’une suspension dans un monde où le dopé devient la personne à ne pas fréquenter. Soyons francs, s’il n’y avait aucun bénéfice à se doper on ne voit pas qui prendrait un tel risque.

Autre idée reçue largement répandue : les effets des produits illicites seraient à durée limitée. Si cela est vrai pour toutes les substances améliorant les capacités cardio-vasculaires (EPO par exemple), il en va autrement des produits agissant sur la masse musculaire par exemple.

Enfin, nombreux pensent que même dopé, un athlète ne peut pas réussir sans s’entraîner. Si cela se vérifie pour ceux qui à l’instar de Lance Amstrong ont dominé de la tête et des épaules une discipline, le dopage a cet avantage de permettre des gains sans s’entraîner dur. Certaines hormones, et c’est le cas par exemple des stéroïdes anabolisants, permettent de la prise de masse musculaire sans efforts ou presque.

Pour vous en convaincre, nous prendrons l’exemple des filles et des garçons. À leur plus jeune âge, filles et garçons sont assez similaires morphologiquement. Dès que les jeunes garçons sécrètent de la testostérone ils prennent en masse musculaire et se différencient alors largement des filles sans forcément avoir une activité physique accrue par rapport à elles. Ce fait peut notamment expliquer le recours à ces méthodes illégales : pouvoir briller tout en menant une vie normale. Belle promesse…le dopage le permet !

Pharmacies ambulantes et protocoles

Si les produits interdits sont malheureusement assez faciles à trouver – il existe des sites en ligne offrant tout l’arsenal du parfait dopé – ce qui fera la différence c’est le protocole. Le protocole de dopage c’est le plan d’entraînement du tricheur.

C’est ce qui lui dit quoi prendre, à quel moment, quelle dose afin de maximiser les effets des substances et passer entre les mailles du filet en cas de contrôle. On joue à ce niveau sur les limites autorisés de substance dans l’organisme et des chercheurs-médecins (voire entraîneurs) peu scrupuleux ont poussés les expérimentations afin d’être pile à la limite.

Le protocole indique également quelles substances associer afin de limiter les effets secondaires. C’est la raison pour laquelle on a pu déterminer que certain-e-s athlètes « ultra »-dopé-e-s consommaient jusqu’à 70 médicaments par jour!

Le fait de pouvoir trouver facilement les substances interdites peut surprendre mais il faut comprendre que l’ensemble des produits pris par les dopé-e-s sont à la base des médicaments. À l’inverse des drogues prohibées, leur vente ne l’est pas. C’est leur utilisation à des fins d’augmentation de la performance qui l’est.

Dopage et histoires rocambolesques : les tricheurs nous prennent pour des idiots ?

Les contrôles positifs donnent très souvent des explications aussi farfelues qu’incroyables de la part de l’athlète pris la « main dans le sac ». Il arrive même qu’on se demande qui ils/elles comptent avoir avec leurs histoires. Mais aussi surprenant que cela puisse paraître, les auteurs des propos, même les plus surprenants, croient réellement en leur récit.

dopage cyclisme

Pour le comprendre, il faut bien assimiler le fait que le/la dopé-e vit constamment dans le mensonge et le déni. Arrive un moment où il/elle croit réellement en ses propres mensonges. À cela, ajoutez le fait que les substances prises restent des substances chimiques qui finissent par avoir un effet sur le corps humain et notamment dans ses dimensions psychiques/psychologiques. La schizophrénie est alors assez fréquente. Dès lors tous les ingrédients sont réunis pour obtenir une histoire aussi incroyable que rocambolesque, le tout énoncée avec la plus grande sincérité.

Fatalisme ou espoir: la lutte anti-dopage a-t-elle réellement une chance?

Le dopage rapporte, à ceux qui en font le commerce – estimation de 30 milliards d’euros par an – et à ceux qui en usent. L’antidopage coûte et ne rapporte rien.

dopage controle

Partant de là, nous pourrions penser que le combat est perdu d’avance. La détection des substances proprement dites ne constituent certainement pas la solution de lutte anti-dopage. À cela une raison simple : c’est coûteux et de nombreuses substances apparaissent sur le marché du dopage chaque année.

L’idée est de coupler géolocalisation – afin de pouvoir contrôler à tout moment les athlètes ce qui réduit les fenêtres de tricherie si on peut dire – avec la recherche des modifications de constantes physiologiques. C’est le principe du passeport biologique : par la modification de certaines spécificités individuelles la prise de substances interdites peut être révélée.

Après un épisode entier consacré à la question, il est important de prendre conscience de deux éléments essentiels : si le haut niveau est souvent, et à juste titre, pointé du doigt, le recours à des moyens illégaux concerne également des athlètes au niveau plus modeste voire totalement amateurs ; si on parle souvent de dopage, il ne faut pas perdre de vue qu’au final les athlètes qui trichent représentent une infime minorité des pelotons des courses auxquelles nous prenons part.



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3 comments on #37 – Dopage, les coulisses d’un système

  1. Denis Boucher dit :

    J’ai beaucoup apprécié votre épisode sur le dopage et les éléments de réflexion que vous avez apportés sur le sujet. À votre question, un athlète propre peut-il battre un athlète dopé ? Bien sûr, parce qu’un athlète propre peut posséder un niveau de condition physique supérieur à un athlète dopé. Le dopage n’a pas le même effet chez tous.

    Comme vous l’avez aussi souligné, les pressions sociales (désire de victoire, ego, etc.) « poussent » bien des athlètes à recourir au dopage.

    Merci pour cet épisode,
    Dr Denis Boucher, Ph.D.

  2. MICHAEL GESLIN-GAVAND dit :

    Bonjour, J’aurais également aimé savoir dans quelles mesures Fred a été confronté au dopage dans sa carrière.

  3. Belle analyse qui donne véritablement envie d’écouter cet épisode !
    Et d’ailleurs, toujours ouvert pour venir en discuté dans un.des épisodes de Nakan, LE podcast :).
    Ermanno

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