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#21 – Alcool, sexe, tabac & Course à pied

Sexe, drogues et course à pied ?

Sans forcément tomber dans les excès de nombreuses figures de proue du star system, nombreux sont les coureurs qui estiment que la pratique régulière de leur activité physique favorite leur permet de s’autoriser quelques excès. Rockeurs ou non, les runners peuvent-ils adopter la devise de ce style musical et adopter un mode de vie qui peut sembler bien éloigné du monde du sport ? Dans la Tête d’un Coureur lève le voile …

Alcool, sexe, tabac & Course à pied – Résumé

  • Boire ou courir, faut-il vraiment choisir ?
  • Prêt à cracher vos poumons ?
  • Le sexe, parfait complément du cardio training ?


Boire ou courir, faut-il vraiment choisir?

Culturellement l’association entre l’alcool et le sport est liée par de longues traditions. Pour preuve, les célébrations des victoires sont généralement accompagnées d’alcool. Que ce soit la fameuse 3ème mi-temps dans le rugby ou encore les vainqueurs du Tour de France ou de Formule 1, qui débouchent d’énorme bouteilles de champagne pour fêter leurs victoires. Alors en course à pied nous n’assistons pas à de telles scènes. Mais une bien commune est celle de la bière d’après course.

Pour autant, il ne faut pas minimiser les effets de la consommation d’alcool qui a un impact sur la performance sportive du fait notamment de ses effets sur la fonction de thermorégulation.

Contrairement à l’impression de chaleur que l’on ressent en consommant de l’alcool, principalement du à l’action vasodilatatrice de l’alcool sur vaisseaux sanguins, on estime que la consommation de 50 grammes d’alcool – soit 5 verres de vin, ou 5 bières de 25 cl – abaisse la température du corps de 0,5°. Le corps réagit par la vasoconstriction pour se réchauffer ce qui réduit le débit sanguin.

Boire de l’alcool en pratiquant un sport favorise également la déshydratation… et augmente donc le risque de blessure. En effet, l’alcool de manière générale est diurétique. Le corps perd de l’eau et on se déshydrate. Un autre effet indésirable de l’alcool est la perturbation de la contraction musculaire. Sans pour autant tomber dans l’excès de la personne totalement ivre, la coordination musculaire est beaucoup moins performante après l’ingestion d’alcool. N’oublions pas non plus que l’alcool c’est du sucre…

Et la bière d’après course alors ? L’idée largement répandu selon laquelle la bière serait une parfait boisson de récupération est là aussi largement surfaite. Comparons la composition en minéraux et vitamines d’une bière à n’importe quelle boisson de récupération et nous constaterons que la bière ne constitue en rien une bonne récup’, nutritionnellement parlant. Mais ne négligeons pas l’aspect psychologique du réconfort qu’elle puisse produire. Et en ce sens, elle peut se justifier bien évidemment. Le plaisir avant tout…avec modération!

Prêts à cracher vos poumons ?

On entend souvent les fumeurs dirent qu’ils manquent de souffle. Et l’image est une juste représentation de la réalité. Pour faire simple, le monoxyde de carbone se fixe sur les récepteurs de l’oxygène des globules rouges donc la quantité d’oxygène transportée aux muscles va être réduite.

De nombreux sportifs pensent que la pratique d’une activité physique régulière atténue les effets négatifs du tabac. Il n’en est rien. Ils sont au contraire majorés au cours et au décours des efforts. Ils nuisent aux performances sportives et augmentent les risques d’accidents cardio-vasculaires. Oui rien que ça …

Sur les 1.200 à 1.500 morts subites survenant en France chaque année autour d’une pratique sportive, de nombreux cas sont dus à un infarctus et le sportif fumeur y est particulièrement exposé. Surprenant, non ? Une petite explication s’impose : l’activité physique demande un afflux de sang vers les muscles pour apporter notamment l’oxygène nécessaire. Cela se fait par vasodilatation, comprenez les vaisseaux sanguins s’ouvrent. Or un des effets du tabac est la vasoconstriction, donc le total effet inverse. Nous comprenons donc que face à deux effets opposés, le corps ne sait plus où donner de la tête et il se met en danger. Nous ne saurons que trop vous conseiller de ne pas fumer et si vous ne parvenez pas à arrêter, évitez de fumer l’heure précédent et l’heure suivant l’effort.

Le sexe, parfait complément du cardio training?

Les deux premiers éléments du triptyque rock ne sont pas, nous l’avons vu, des plus compatibles avec la pratique sportive et donc la course à pied. Qu’en est-il de la troisième composante : le sexe ?!

Alors, battons d’emblée en brèche une idée largement répandue : le sexe serait une activité cardio des plus efficaces… Deux sexologues ont étudié le sujet en 1966. Ils rapportaient les résultats de 11 années d’études impliquant près de 700 femmes et hommes, de 18 à 89 ans. Selon leurs observations, la fréquence respiratoire augmente progressivement pendant un rapport jusqu’à atteindre 40 cycles par minute (fréquence normale : 12 à 20 cycles/min) et le rythme cardiaque peut grimper jusqu’à 180 battements par minute, avec un pic pendant l’orgasme.

Par ailleurs, d’un point de vu énergétique, on brûlerait aux alentours de 100 kcal pour l’homme et 70 kcal pour la femme. Soit l’équivalent de 25cl de bière pour monsieur, et d’une coupe de champagne brut pour madame. On a bien là un premier élément de comparaison avec le sport. Mais si on voulait vraiment faire un parallèle, on pourrait dire que l’intensité de l’exercice sexuel serait plus élevée qu’une marche à quasiment 5 km/h mais plus faible qu’un jogging à 8 km/h. On parle donc d’une bonne balade en forêt !

Mais alors, le sexe serait-il bénéfique ou à proscrire, notamment avant l’effort? Une question qui taraude le monde du sport…et cela depuis des années, des siècles même.

Déjà en 444 avant J-C, le philosophe grec Platon préconisait aux athlètes du marathon «d’éviter l’intimité sexuelle avant les courses ». Plus récemment, la légende de la boxe Mohamed Ali avait entamé six semaines d’abstinence avant un combat ! Même constat dans le monde du football, comme en marge de la Coupe du monde 2014 au Brésil, où le sélectionneur de la Bosnie-Herzégovine avait déclaré très sobrement : « Il n’y aura pas de sexe. Ils peuvent trouver une autre solution […] Mais ce ne sont pas des vacances, nous sommes là pour jouer la Coupe du monde. »

Une accumulation de restrictions ou d’auto-restrictions qui peuvent étonner, car dans les faits, rien ne prouve que le sexe a un quelconque impact, positif comme négatif, sur la performance du sportif. En 2000, un article scientifique « Le sexe la nuit avant la compétition fait-il baisser les performances ? » de la revue Clinic Journal of Sports Medicine, reprenait trois études sur le sexe avant la course et ne trouvait aucune raison pour causer un déclin de la performance. 

Certes, les cas envisagés concernaient des relations sexuelles ne relevant pas de l’intégralité du Kamasutra, mais quand même ça laisse une bonne marge de manœuvre.

Surtout que l’activité physique stimule la production de testostérone, hormone clé du désir. Par contre, certaines pratiques peuvent à contrario avoir un effet délétère sur cette production notamment les entraînements intensifs et le stress et la fatigue engendrés par la préparation d’une grosse échéance. Donc oui de manière globale, la pratique de votre sport favori boostera très certainement votre libido, par contre soyez sans crainte si lorsque vous préparez votre marathon avec des semaines à 150km vous constatez une baisse de votre désir vis-à-vis de votre (ou de vos) partenaires.

Des études menées par des chercheurs de l’Université d’Alberta au Canada ont révélé que les hommes marathoniens qui ont l’habitude de courir beaucoup de kilomètres par semaine, voient se réduire le niveau de la production d’hormone mâle (testostérone), facteur qui pourrait contribuer à la baisse de leur appétit sexuel.

On constate aussi chez les grands sportifs des troubles bi-polaire de la sexualité. Avec deux phases, une d’absence total de désirs et une de désir accru.

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