1 an après la naissance de ses jumeaux, elle bat son record sur Marathon
Peut-on concilier maternité et performance sportive ? Pour beaucoup, l’équation semble complexe, voire incompatible. Et pourtant, Fran, marathonienne passionnée et mère de jumelles, prouve le contraire. Quelques mois après son accouchement, elle battait son record personnel sur marathon, rappelant que rien n’est véritablement impossible lorsqu’on conjugue rigueur, détermination et amour du sport.
Dans cet épisode Fran partage avec sincérité son parcours, des premières foulées hésitantes jusqu’à ses performances remarquables après l’arrivée de ses enfants. Un témoignage inspirant, entre résilience, organisation millimétrée et plaisir retrouvé.
De la cigarette aux premières foulées
Lorsque Fran se lance dans la course à pied en 2012, elle ne cherche ni la performance, ni la compétition. Elle court pour évacuer les tensions du quotidien, sans montre, sans objectif, et avec encore la cigarette au coin des lèvres. « J’y ai pris goût parce que c’était difficile. Je me suis dit qu’à force, ça deviendrait plus facile », confie-t-elle.
Quelques années plus tard, celle qui peinait à tenir 15 minutes sans s’arrêter boucle 19 marathons, dont certains en moins de 2h45. Une trajectoire hors norme, bâtie sur la persévérance.
Un premier déclic grâce à l’entraînement structuré
Pendant longtemps, Fran aborde ses marathons sans préparation rigoureuse, en enchaînant les longues sorties sans véritable travail de vitesse. Jusqu’au jour où un entraîneur la pousse à viser plus haut. « Il m’a dit : Tu vaux moins de 3 heures. Laisse-moi te préparer. » Douze semaines plus tard, elle franchit la ligne d’arrivée en 2h59.
Le collectif joue également un rôle déterminant dans sa progression. Loin de l’image solitaire du marathonien, Fran s’épanouit dans l’émulation du groupe. « Je ne connaissais pas les séances à l’avance. Je venais, je faisais, et ça passait. »
La maternité : une autre forme de préparation
Devenir mère, pour Fran, n’a jamais été une parenthèse dans sa vie de sportive, mais un désir profond qui l’a amenée à revoir ses priorités. Sa grossesse gémellaire, rendue plus complexe par des traitements médicaux, la pousse temporairement à interrompre la course. « J’avais peur de perdre mes enfants. Alors j’ai arrêté de courir, puis je suis passée à la marche. »
Très active pendant cette période — jusqu’à 30 000 pas par jour — elle reprend doucement la course après son accouchement par césarienne. Moins d’un mois plus tard, elle rechausse les baskets pour une première sortie. « C’était difficile, je n’y ai pas pris de plaisir tout de suite. Il m’a fallu environ trois mois. »
Tokyo : un record inattendu
Le Marathon de Tokyo devait être un simple retour symbolique à la compétition. Il devient finalement un moment clé : Fran y établit son nouveau record personnel en 2h46, dix minutes de mieux que son précédent temps. Et surtout, elle passe la ligne d’arrivée sous les yeux de ses filles de huit mois. « Je m’en remets toujours pas. »
Ce déclic va l’amener à structurer davantage son entraînement. Avec méthode, elle poursuivra sur cette lancée avec deux marathons courus en 2h41 à Valence et Berlin. « La rigueur que j’ai en tant que mère, je l’ai appliquée à mon entraînement. »
Crédit : Instagram Franbambi
Une organisation à la minute près
Concilier l’exigence d’une préparation marathon avec la maternité ne va pas sans compromis. Fran anticipe chaque détail : repas, garde des enfants, déplacements. « J’ai un planning à un mois. Je réserve la nounou à l’avance, je prévois quand mes parents peuvent venir m’aider. C’est une charge mentale importante. »
Elle apprend aussi à écouter son corps. Une nuit agitée, une fatigue inhabituelle, et elle adapte sa séance. « On peut forcer un jour, mais pas indéfiniment. »
Entre culpabilité et acceptation
L’un des défis les plus délicats à relever est d’ordre émotionnel. Prendre du temps pour soi, dans une société où la charge mentale des mères reste encore forte, n’a rien d’évident. « Au début, je laissais les filles à la nounou, mais je rentrais au bout de 15 minutes, en pleurs. »
Un jour, l’une de ses filles lui tend ses chaussures avec un sourire : “Maman courir”. Ce geste simple devient un véritable déclic. « Elles ont compris. Je ne les abandonne pas. »
Préparer un marathon, et bien plus encore
Si la préparation d’un marathon est exigeante, elle devient un véritable révélateur de soi. Fran en témoigne : « Tu apprends à t’organiser différemment, à connaître ton corps, à adapter ton quotidien. » C’est une école de patience, de résilience, mais aussi de joie.
Son conseil à celles et ceux qui hésitent à se lancer ? « Si j’ai pu le faire, tout le monde peut le faire. Mais il faut s’entourer, bien se chausser, et préparer sérieusement son plan. »
L’essentiel : courir pour soi
Aujourd’hui, Fran ne court plus pour prouver quoi que ce soit. Elle court parce que cela fait partie d’elle. Elle court pour ses filles, pour le plaisir, pour l’équilibre. Et dans ses mots, on sent une force tranquille, façonnée par l’expérience et l’amour de la course. « Peu importe le résultat, je sais que quand je rentre, mes filles sont là, elles m’aiment. » Et c’est peut-être cela, au fond, la plus belle des lignes d’arrivée.
Peut-on concilier maternité et performance sportive ? Pour beaucoup, l’équation semble complexe, voire incompatible. Et pourtant, Fran, marathonienne passionnée et mère de jumelles, prouve le contraire. Quelques mois après son accouchement, elle battait son record personnel sur marathon, rappelant que rien n’est véritablement impossible lorsqu’on conjugue rigueur, détermination et amour du sport.